Joëlle Gonnachon, professeure de Sciences de la Vie et de la Terre

Comment utiliser ses émotions pour apprendre ?

 

L’émotion est différente selon l’âge.

Je suis en contact avec des adolescents, leur cerveau est bouillonnant pris dans un étau entre ce que l’adulte attend d’eux et leurs pairs ce que « je » suis pour eux mais aussi un zeste d’insouciance de l’enfance.

 

Les sciences sont parfois hermétiques et leur première émotion est une évasion à une nouveauté qui peut être inhibitrice….dans un premier temps.

 

L’émotion passe, puis l’individu est prêt à entendre les informations, utiliser les outils pour qu’ils puissent s’accaparer de la connaissance à son rythme.

Des observations au microscope de neurones, des neurones peluches,

le cerveau trempe dans du réel (images scientifiques), de la modélisation du réel, de l’affectif les peluches

puis l’individu restitue des connaissances mais aussi exprime ses émotions (peintures, ou 3D), rigueur et liberté se côtoient voire s’affrontent en tout cas génèrent de la créativité puisqu’ils ont été inspirés au préalable par de la réalité.

 

En observant les élèves dans leur apprentissage, je constate qu’ils ont de l’émotion à exprimer ce qu’ils ont malaxé.

Moi enseignante je dois accepter le fait que la restitution ne soit pas exactement celle attendue car tous n’empruntent pas le chemin le plus structuré, ils ont aussi leur propre culture qui n’a aucun lien avec ce que l’école leur apprend,

ils ont néanmoins utilisé leur expérience de leur approche des sciences donc attention l’évaluation ne doit pas être abrupte, on valide la réalité scientifique d’une « bonne » note et on oublie de valider l’utilisation d’une manière de faire « scientifique »  mais qui n’était pas le « bon » chemin et parfois ils proposent des solutions surprenantes qui ont du sens mais à voir sous un autre angle.

 

Cependant une connexion s’est réalisée durant le cours, un message est passé, peut-être il s’est enfoui dans un quartier cérébral mais ressort plus ou moins inconsciemment au moment où on leur demande de s’exprimer avec les moyens matériels du bord et leur représentation mentale.

 

Certains ont été surpris par un rendu esthétique, féliciter ces élèves peu scolaires est primordial pour créer de l’attachement et édifier la première couche d’estime de soi.

Le retour est quand ce même individu pose une question quelle que soit la question, on a capté son attention surtout ne pas fermer les intentions.

 

Donc les sciences, la créativité est à la portée de tous pour peu que l’on rencontre au cours de notre vie des individus qui éveillent notre curiosité qui nous mettent la main dans la pâte.

Avec le temps, l’individu part avec des connaissances, des outils et du bonheur de vivre, du bien-être, ouvert d’esprit, prêt pour une nouvelle aventure.

 

Je me suis définie une tâche, ouvrir les portes de l’école pour aller voir ailleurs et faire entrer les médiateurs des sciences qui ont un vécu scientifique et artistique marqué et qui sont des veilles numériques car ultra connectés au monde des sciences, ted talks … les sciences et les langues …

 

Ce que j’essaie de réinvestir c’est un détachement de la lourdeur, de développer : les profs écoutent le retour des élèves dans le sens qu’on apprend aux élèves mais inversement ils nous apprennent et nous révèlent des dysfonctionnements.